
La
porte claqua et j’écoutais le bruit de ses bottes sur
les marches qui claquaient au rythme de ses pas colériques.
Bien sur que je savais ou elle allait. Bien sur que je mourrais
d’envie de lui dire « Occupe toi d’elle je
t’en prie ». Mais je ne faisais rien, restait
avachi sur mon canapé, à attendre que le temps passe
pendant que d’autres souffraient...Par ma faute.

Quand le silence complet revint enfin dans le salon, je poussais un
profond soupir de lassitude. J’adorais ma sœur,
vraiment. Mais nos rapports avaient toujours été bien
trop fusionnels. Enfants nous étions inséparables,
insupportables aussi pour nos très chers parents qui
regrettaient amèrement d’avoir pondu de tels petits
monstres. Mais avec l’adolescence, nos bagarres enfantines
avaient pris une autre tournure, celle des disputes
continuelles.

.
J’avais à présent 20 ans et ma charmante
sœurette 18 ans. Et elle passait encore ses journées
à me hurler dessus tandis que je me contentais de la faire
enrager en me foutant d’elle à chaque occasion. Notre
façon à nous de nous aimer on va dire.

Un
nouveau claquement de porte m’avait tiré de mes
pensée tandis que je grommelais, le visage sombre,
agacé d’être dérangé dans mon
moment de détente.